7.1.07

En finir avec la mortification

Cela semble être devenu une spécialité française, pour ne pas dire européenne: la mortification.

Face au passé, plusieurs attitudes sont possibles: les mémoires (toujours partielles, souvent partiales, utiles néanmoins), l'histoire (construction scientifique à la recherche de l'objectivation de son objet: le passé) et la mortification. La France (celle que l'on entend) semble clairement faire aujourd'hui le choix de la mortification, c'est-à-dire le choix de ne retenir du passé de la France que les épisodes les plus sombres, de les assombrir volontairement encore davantage et de s'enfermer dans la culpabilité perpétuelle.

Je ne nie pas que le passé doive être présent à nos esprits, je ne nie pas qu'il faille reconnaître les erreurs commises par la France dans son passé (quoiqu'il serait juste que tout pays en fasse autant... ce qui est impossible dans les régimes non démocratiques) mais ce dont nous avons besoin, c'est d'histoire, c'est-à-dire de science et de rigueur d'esprit, d'honnêteté intellectuelle et non de propagande.

Ce dont nous avons besoin surtout, c'est de participer et d'agir à nouveau dans et sur le monde. Or la mortification rend immobile. Elle tétanise. Elle transforme un pays en juge, en critique permanent de l'action. Ainsi la France, pendant qu'elle culpabilise sur son passé, laisse le présent (et par conséquent l'avenir) se dérouler sans elle. Elle laisse ainsi commettre dans le monde des crimes dont elle ne pourra certes être tenue pour coupable mais qu'elle aura laissé commettre.

Le passé doit nous pousser en avant, non nous retenir en arrière. Le passé doit nous inciter à agir, quitte à se tromper...

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