12.1.07

Retraites

"Après nous le déluge !", voilà la pensée profonde de ceux, bon nombre de syndicalistes en tête, qui s'opposent à toute réforme des retraites et campent sur la "défense des acquis"... Ou bien sont-ils vraiment ignares à ce point et inconscients des réalités économiques et démographiques de la France d'aujourd'hui et de demain ?... Ma nature pessimiste me mène à penser que c'est essentiellement l'égoïsme qui est à la source de cette opposition.

En 2006, chaque enfant qui est né a commencé sa vie avec une dette personnelle de presque 20 000 euros. Dans 20 ans, lorsque ceux-ci entreront sur le marché du travail, il y aura un actif cotisant pour un retraité (contre 4 pour 1 dans les années 1980)...

Si rien n'est fait, ces jeunes générations refuseront violemment d'assumer les pensions de ces retraités qui, ayant refusé tout sacrifice lorsqu'ils étaient actifs, réclameront des retraites dorées à des gens vivant alors déjà moins bien qu'eux-mêmes en leur temps !

C'est pour cela qu'il faut accepter l'idée de travailler plus longtemps (puisque notre espérance de vie ne cesse d'augmenter) : ce qui suppose d'oeuvrer pour l'embauche des seniors comme pour celle des plus jeunes, de garantir à chaque travailleur un capital de formation tout au long de son activité et des possibilités de mobilité professionnelle accrues.

C'est pour cela qu'il faut relancer l'appel à l'immigration, une immigration choisie, sur le modèle canadien (et par la même finir par comprendre que nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde, sauf à accepter de ne plus garantir aux Français d'aujourd'hui et de demain un niveau de vie convenable), et diversifiée.

C'est pour cela qu'il faut mettre un terme à la plupart des régimes spéciaux (sauf ceux découlant d'une réelle pénibilité du travail entraînant en cas d'activité prolongée des dangers pour la personne), privilèges d'un autre temps, inégalité insupportable entre travailleurs d'un même pays. Pour faire accepter cette mesure, il faudra faire oeuvre de pédagogie, ne rien cacher de la situation dramatique où se trouvent notre système (notamment par manque de courage des gouvernements des années 1990, soit qu'ils n'aient rien fait (Jospin) soient qu'ils aient reculé face à la "rue" (Juppé)), dénoncer les égoïsmes corporatistes qui contribuent à creuser la tombe de nos propres enfants.

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